*Loin des yeux... Loin du coeur ?*


...Le monde tourne trop vite, sans te rendre compte tu te retrouves 'exit'...


« Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va.
On oublie le visage et l'on oublie la voix.
Le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin.
Faut laisser faire et c'est très bien. »


...Le temps passe & Les souvenirs s'effacent...




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# Posté le dimanche 18 novembre 2007 10:36
Modifié le samedi 01 mars 2008 14:17

Enfermés dans leur cage dorée, ils n'ont plus conscience de rien.Leurs journées n'étaient que d'éternels recommencements.

Enfermés dans leur cage dorée, ils n'ont plus conscience de rien.Leurs journées n'étaient que d'éternels recommencements.
Elsa et Zora : deux adolescentes allemandes comme toutes les autres à première vue. Elles aiment s'amuser, sortir, faire la fête, leurs familles, leurs amis, la vie en général. Seulement, elles ont une particularité, quelque chose qui les sort de l'ordinaire, même si elles auraient préféré que ça ne se sache jamais, garder ça pour elles, et se contenter de le vivre.
Mais dans l'univers « Tokio Hotel » rien n'est laissé au hasard et si vous en faites partie, ces deux prénoms vous disent forcément quelque chose. Ce sont des amies très proches du groupe et des milliers de filles aimeraient pouvoir être à leur place. Certaines leurs reprochent de ne pas réaliser la chance qu'elles ont. Mais est-ce qu'elles réalisent, elles, ce que c'est d'avoir l'image des « amies de Tokio Hotel » ? Est-ce elles qui s'en prennent dans la gueule tout les jours par des gens qu'elles ne connaissent même pas ? Est-ce elles qui ont la peur au ventre quand le groupe fait un déplacement ? Est-ce elles qui pleurent avec eux quand il y a un problème ? Est-ce elles qui doivent supporter leurs sautes d'humeur ? Est-ce elles qui les voient s'éloigner sans pouvoir rien faire ? Non, elles, elles ne voient que le bon côté de Tokio Hotel, les stars montantes qui font rêver des milliers de filles.
Seulement la vie n'est pas un rêve. Et eux sont des être humains avant tout, ce que personne ne semble comprendre. Tout le monde les veut, tout le monde les aime, tout le monde est aux petits soins pour eux. Mais est-ce que tout le monde serait prêt à faire ce qu'elles ont fait elles ? Seront-ils là quand il y aura un souci ? Quand ils finiront par se casser la gueule ? Personne ne peut répondre, parce que personne ne sait, personne ne les connait à part à travers une image. Pourtant, elles, elles seront la, malgré la distance qui s'installe et qui les éloigne. Elles les aiment pour ce qu'ils sont, pas pour ce qu'ils paraissent, parce que oui, elles, elles sont de ces rares personnes qui les connaissent réellement. Mais ca, ca ne suffit plus, ils ne sont plus dans le même monde. Et tout ça leur semble tellement loin. Elsa et Zora les soutiennent quand même, toujours la pour leur tournée en Allemagne, même si elles donnent plus l'impression de vulgaire fans, que d'amies du groupe...

Novembre 2oo7.

La tournée française vient de se terminer en apothéose. Demain, ils seront de retour en Allemagne pour un unique concert à guichets fermés. Tout le monde sait qu'ils en feront une plus longue vers mars-avril 2oo8, mais ni Elsa, ni Zora, n'a la patience d'attendre jusque la, et quitte à ne les voir que sur scène, elles les verront quand même. Leurs parents ne comprennent pas, ou ne cherchent plus à comprendre leur entêtement pour eux, malgré qu'ils leur ont fait du mal, elles persistent. « Ils ne peuvent pas non plus avoir changé du tout au tout... Ils restent Georg, Gustav, Tom & Bill ! ». Cette phrase ils l'ont entendue des centaines de fois, à chaque fois qu'ils essayaient de faire changer d'avis leurs filles. Mais rien n'y faisait. Elles les aimaient, les aiment et les aimeront. Quoi qu'il en soit, quoi qu'il advienne. Ils n'ont surement pas conscience de la chance qu'ils ont de les avoir, d'avoir des amis fidèles, qui les aimeront avec ou sans succès. Non, ça pour le moment, ils l'ont oublié, enfermés dans leur cage dorée où ils n'ont plus conscience de rien. Rien n'est assez beau, rien n'est assez grand pour les Tokio Hotel...

Elsa et Zora ferment leurs sacs, direction la gare. Elles partent aujourd'hui pour être sures d'avoir une bonne place demain... Folles ? Non, elles savent qu'il y a déjà des gens la bas, et elles ne veulent pas non plus se retrouver de le fond de la fosse. Non, elles veulent encore les admirer une fois, une dernière fois...


xxxxxx


Tokio Hotel, le phénomène. Désormais, c'est toujours dans ces mots qu'on parlait d'eux. Ils n'étaient plus qu'un phénomène de mode, célèbre certes, mais destiné à laisser la place à d'autres quand le moment serait venu. Mais les quatre allemands ne pensaient pas à ça pour le moment. Non, pour le moment, ce qui comptait, c'était leur carrière, leur groupe, leur musique, leur image. Eux. Egoïstes ? Pas vraiment. Seulement réalistes. Ils savaient, même inconsciemment, que s'ils n'étaient pas attentifs une seule seconde à ce qu'ils faisaient, tout pouvait s'écrouler du jour au lendemain. Et cette carrière, ils l'avaient tellement désirée, tous, qu'aucun d'entre eux ne se permettrait de laisser passer leur chance. On avait beau répéter de tous côtés qu'avant tout, ils étaient des adolescents normaux, eux savaient très bien que c'était loin d'être le cas. Leur vie ne pourrait être qualifiée de « normale » par quelqu'un de censé, surtout pour des ados. Se lever à 5h du matin, traverser la France en Tour Bus pour terminer la journée par des dizaines d'interviews, de photoshoots et d'un concert mémorable, ce n'était pas « normal » pour des ados. Ils le vivaient bien, du moins voilà ce qu'ils pensaient.

Aujourd'hui, ils étaient de retour en Allemagne pour un unique concert, le seul concert dans leur pays natal depuis assez longtemps. Ils parvinrent avec difficulté à rentrer dans l'hôtel, sous les cris de toutes les jeunes filles qui étaient la pour eux, pour les voir, les toucher. Ils ne signèrent pas d'autographes, ils n'en avaient pas le temps. Une demi-heure, voilà le temps qu'ils avaient pour découvrir leur chambre, y déposer leurs affaires et peut-être prendre une douche rapide avant de repartir vers la salle de concert. Comme d'habitude. Leurs journées étaient des éternels recommencements.
Essoufflé, Bill entra dans sa chambre, déposant pêle-mêle sur le grand lit des peluches et autres cadeaux que des fans lui avaient donné en passant. Il ouvrit son sac, y farfouillant pour en sortir un carnet noir dans lequel il écrivait ce qui lui passait par la tête. Parfois, ce carnet lui servait de journal, mais c'était plus rare, et la majorité des pages étaient griffonnées de petits bouts de phrases qui serviraient probablement à écrire le prochain tube. Il aurait aimé prendre une douche, se relaxer avant de devoir repartir, mais les idées n'attendaient pas. Il fallait les coucher sur papier avant qu'elles ne s'envolent en fumée, ce qu'il fit. Après avoir noirci quelques pages de notes, il entendit trois coups à la porte, puis la voix de son jumeau l'appeler. Le précieux carnet refermé, Bill s'en alla. Il n'avait pas vu la photo, coincée entre deux pages du carnet, qui s'était envolée pour aller se poser presque sous le lit. Cette photo était la première du groupe au complet, encore appelé Devilish à l'époque. En arrière-plan, deux autres silhouettes. Deux jeunes filles.
# Posté le lundi 19 novembre 2007 16:39
Modifié le dimanche 24 février 2008 11:33

Leurs coeurs se serrent. Ils sont si proches et si loin en même temps. Souviens-toi Bill...

Leurs coeurs se serrent. Ils sont si proches et si loin en même temps. Souviens-toi Bill...
Les portes venaient de s'ouvrir. Des bousculades. Des cris. Et déjà des malaises. C'était ca l'entrée d'un concert de Tokio Hotel. Elsa et Zora se tenaient la main, par peur de se perdre dans cette foule folle. Arrivée dans la salle, Zora sourit alors qu'Elsa lui posait la question qui revenait à chaque concert.

_Georg, Tom, milieu ?
_Georg ! J'ai pas envie d'être ballotée dans tout les sens !


Tout en souriant les deux jeunes filles s'installèrent, se rappelant les avant concerts qu'elles avaient passées avec les garçons, toujours à courir partout pour que tout soit parfait, trop parfait. C'était le bon temps, celui qui n'était plus mais qu'on continuait à faire vivre à travers des souvenirs et des sourires. Elles ne regrettaient rien, ou pas vraiment. Heureuses de ce qu'elles avaient pu vivre, perdues maintenant dans le fond de leurs mémoires. Après près d'une heure d'attente dans les cris, la salle devint noire. Zora pris la main de sa meilleure amie. « Wilkommen im TOKIOHOTEL » Et les larmes coulent déjà. Personne ne peut expliquer vraiment pourquoi. Les accords raisonnent et les garçons apparaissent un par un, leurs c½urs se serrent. Ils sont si proches et si loin en même temps. Les chansons défilent, avec cette voix si changée. Elles se rappellent encore de cette voix aigüe que Bill trouvait si handicapante. « J'en ai marre de chanter comme une fille », se plaignait-il, pourtant, elles trouvaient ca mignon, ca lui donnait un charme. N'allez pas croire non plus qu'elles n'aiment pas la nouvelle voix de Bill, c'est juste, différent. Et malgré qu'elles l'ont connu avec la voix muée, elles ont l'impression que ca les éloigne encore plus d'eux qu'elles ne le sont déjà. Est-ce qu'ils pensent encore à elles, comme elles pensent à eux ? Bien sur que non ! Ils n'ont plus la tête à ca. Ils n'ont plus le temps aussi. Elles leur cherchent des excuses pour ne pas avouer qu'on oublie tout, même les gens qu'on pensait aimer à la longue. Trop pris dans autre chose, trop pris par de nouvelles personnes que l'on croit aimer... Ils ne pourraient pas se douter qu'elles sont la, que malgré tout, elles les suivent et les soutiennent. Zora aussi a du mal à continuer à y croire. Tout ca la fatigue. Elle n'aime pas vivre dans le passé, et laisser s'échapper le présent qui est déjà si fragile. Elsa par contre, elle y tient comme à sa vie, encore une bouffée d'oxygène. Alors Zora, elle la suit, ne voulant pas la laisser affronter ca toute seule, ne voulant pas la laisser s'éloigner, elle aussi. Le concert se termine, les lumières se rallument. Ils ne sont déjà plus là. Plus là. Ces mots raisonnent dans la tête des deux filles. C'est déjà fini, après tout le temps qu'elles avaient attendu. C'est injuste et ca fait mal, toujours trop mal. Comme à chaque fois.

Comme après chaque concert, Elsa avait l'air abattue, comme si c'était la dernière fois. Mais il y en avait d'autres. Il y en aurait toujours d'autres, tant qu'elle s'accrocherait à eux comme à sa vie. Parce qu'ils avaient été sa vie et qu'ils le seraient toujours, ou du moins une partie. Oui, comme à chaque fois, elle avait l'air abattue, mais une autre lueur brillait dans ses yeux, sans que Zora ne sache trop pourquoi. Quand son amie lui prit la main, elle se laissa faire, c'était devenu naturel entre elles, mais elle s'arrêta lorsqu'elle comprit qu'elles allaient dans le sens opposé à celui qui les mènerait chez elles.

_Elsa, tu vas ou ?
_Ils me manquent.
_C'était pas la question.
_On va à l'hôtel.


Cette affirmation de la part d'Elsa ressemblait plus à une question, voire à une supplication. Elles en avaient déjà parlé de nombreuses fois, tombant toujours d'accord sur le fait que cela leur ferait toujours plus de mal que de bien, mais Elsa avait changé d'avis. Elle ne supportait plus cette absence qui la rongeait de l'intérieur. Elle voulait en avoir le c½ur net, simplement savoir si oui ou non, cela valait encore la peine de se torturer pour eux. Ou pour leur souvenir.

_Elsa, on s'était mis d'accord ...
_J'en peux plus, Zora s'il te plait. C'est la dernière fois.


Et elle céda. A contre c½ur. Parce qu'elle avait simplement une peur bleue d'être déçue. Lorsqu'elles arrivèrent en face de l'hôtel, plusieurs dizaines de filles étaient déjà la, pleurant, criant leur joie et leur impatience, clamant à qui voulait l'entendre que c'était le plus beau jour de leur vie. L'attente se faisait de plus en plus longue, et les quatre garçons auraient déjà du être rentrés lorsque les souvenirs resurgirent. Elle connaissait cet hôtel, et l'entrée principale n'était pas la seule entrée. Zora tira doucement son amie par le bras, l'obligeant à se défaire de la foule.

_Zora j'veux les voir, s'il te plait, reste !

Elle avait oublié. En chuchotant, Zora lui rafraichit la mémoire, et elles se dirigèrent, dans le plus grand calme possible (c'est-à-dire en courant à peine) vers la seconde entrée, de l'autre côté du pâté. A leur grande surprise, quelques filles patientaient déjà là lorsque les jeunes musiciens firent leur apparition, signant quelques autographes au passage. Elsa et Zora s'étaient glissées dans le coin de l'immeuble, juste derrière la barrière de sécurité à l'angle du bâtiment. Elles étaient visibles et pourtant ils ne les virent que très peu ... Jusqu'à ce qu'Elsa soulève quelque peu son t-shirt vers le haut, révélant un tatouage en forme d'étoile sur son bas ventre. Bill, poussé en quatrième vitesse par un des gardes du corps, eut juste le temps d'apercevoir l'étoile semblable à la sienne avant d'entendre la jeune fille crier « Souviens-toi Bill » et d'entrer dans l'hôtel. Zora jeta un coup d'½il à sa meilleure amie, avant de porter automatiquement sa main sur sa lèvre inférieur, percée par un anneau. Le même que Tom. Et les larmes coulèrent encore. Mais pas longtemps pour Zora qui sur le coup aurait bien arraché son piercing de colère. Après quelques minutes, elle tira Elsa par le bras.

_Ils nous ont oubliées, il est temps qu'on le fasse aussi.
_Ha ! Et comment on fait pour oublier ?


Elsa avait répondu d'un ton sec, énervé. Zora ne le prit pas mal, elle savait très bien que ce n'était pas contre elle, c'était contre eux, et puis il y avait cette peur. Elles avaient toujours gardé espoir et maintenant qu'il n'y en avait plus, elles se sentaient perdues. Zora préférait fuir, alors qu'Elsa elle faisait face. Comment ? Zora ne savait pas, elle ne voulait pas y penser, elle ne voulait plus y penser.

Au même moment, Bill remontait vers sa chambre, « Souviens-toi Bill ! » raisonnait dans sa tête, cette voix, ce visage, il ne lui était pas inconnu... Peut être une fan présente à chaque concert en Allemagne ? Il ne savait plus... Tout s'embrouillait dans sa tête, il devait penser à trop de choses pour pouvoir se souvenir. Il entra dans sa chambre avec en tête l'idée de prendre une bonne douche pour se relaxer. Il se mit à retirer ses nombreux bijoux quand une de ses bagues roula sous son lit.

_Merde !

Il se pencha pour la ramasser, mais ce n'est pas une bague qu'il tenait à sa main quand il se releva. C'était une photo, usée avec le temps. Il sourit, c'était la bonne époque. Son regard s'attarda sur les deux autres silhouettes... Boom... Un c½ur qui rate un battement. Il les avait presque oubliées. Son doigt passa sur leur visage. Un sourire se dessina sur son visage. Puis il eut un regard étonné.

_MEEEEEERDE !
# Posté le jeudi 22 novembre 2007 13:24
Modifié le dimanche 24 février 2008 11:47

Pétrifiées de douleur. C'était une promesse.

Pétrifiées de douleur. C'était une promesse.
Bill prit son manteau, une casquette et se rua dans jusque la chambre de son frère et l'ouvrit à la volée. Tom le regarda étonné.

_T'as vu un fantôme.
_Elsa & Zora !
_Qui ? Quoi ?


Il lui balança la photo presque à la figure.

_Ha oui ! Elsa s'était fait tatouer avec toi, et Zora c'était fait percer avec moi, tu te rappelles ? Je me demande si elles se souviennent de nous & si elles sont fières. C'est elles qui nous poussaient souvent quand on aurait bien baissé les bras.
_Je sais Tom ! ELLES ETAIENT LA ! EN BAS !


Tom paru surpris. Puis poussa un soupir. Elles étaient la d'accord, mais ils étaient des stars, et ils ne pouvaient plus courir après deux jeunes filles dans une foule. Et puis, maintenant, qui sait, ca serait peut-être juste par profit. A croire que Bill avait lu dans les pensées de Tom. Il prit un air choqué.

_Tom tu ne penses quand même pas qu'elles seraient la par profit !
_Qui sait ? On est les Tokio Hotel maintenant.
_Ouais, mais avant tout, pour elle, on était Georg, Gustav, Tom & Bill ! C'est toi qui même qui le dit, elles nous poussaient quand on n'en pouvait plus.


Tom haussa les épaules, il n'était visiblement pas prêt à suivre son frère dans son délire. Bill apparemment vexé sortit. Il fallait qu'il les retrouve & sans réfléchir ses jambes le menèrent jusqu'à l'entrée de l'hôtel. Il y avait encore quelques fans, mais elles non. Il prit quand même le risque de sortir. Et comme par miracle, personne n'y fit attention. Au loin, deux silhouette se dessinaient, c'était elles, il en était sur. Il se mit à courir, comme pour être sur qu'elles ne disparaissent pas, encore une fois.


xxxxxx


Les deux jeunes filles étaient restées quelques instants devant l'entrée de l'hôtel, pétrifiées de douleur. Puis doucement, comme si elle avait peur de sa réaction, Zora pris la main de son amie.

_J'ai raison, tu l'sais. Viens ...

Les larmes coulaient silencieusement sur les joues d'Elsa. Ses pieds étaient comme collés au sol, s'attachant une dernière fois à l'image qu'elle gardait des quatre garçons. La haine et la colère n'avaient pas encore fait leur apparition dans son esprit. Elle les aimait toujours, ne comprenant simplement pas comment ils avaient pu changer tellement en si peu de temps. Elle n'arrivait pas à se mettre à leur place, elle ne pouvait comprendre leur point de vue. Une amitié si proche ne pouvait se briser si durement, elle y croyait dur comme fer. Zora, elle, était déjà désillusionnée. Et furieuse. Ils n'avaient pas le droit de les faire souffrir comme ça. Ils s'en mordraient les doigts quand ils verraient ce qu'ils avaient perdu.
Elles marchaient depuis quelques minutes, Elsa littéralement tirée par la main, lorsque celle-ci s'effondra, genoux à terre. Quelques mètres derrière elles, la silhouette de Bill ne parvenait pas à distinguer les paroles de la jeune fille. Mais il ressentait ce qu'elle ressentait, comme avant. Il s'appuya contre un mur, le souffle coupé. Comment avait-il pu les laisser comme ça ? Quelques années plus tôt, si on lui avait demandé ce qu'il avait de plus cher au monde, ces deux filles auraient fait partie intégrante de sa réponse. C'était, maintenant ou jamais, l'heure de se rattraper.

_Elsa ! Zora !

Cette dernière, qui s'était agenouillée aux côtés de son amie, se retourna brusquement, lui lançant un regard de dégout qui lui transperça le c½ur. Elle força Elsa à se relever.

_Viens Elsa, on n'a plus rien à faire ici.

Mais Elsa ne bougeait pas, une fois encore paralysée par ses émotions. Elle ouvrit la bouche, comme pour parler, puis se ravisa, levant les yeux vers le chanteur incognito. Tout ce qu'elle ressentait en même temps, à cet instant, n'était que paradoxes. Elle voulait le serrer contre elle, ou le gifler. Elle voulait lui dire qu'il lui avait manqué, ou lui hurler qu'elle ne l'avait jamais aimé. Elle voulait l'embrasser, ou lui cracher toute sa ranc½ur à la figure. Ses jambes tremblaient, tout comme sa voix lorsqu'elle se décida enfin à parler en sanglotant.

_Tu avais fait une promesse Bill. C'était notre promesse. Est-ce que tu t'en souviens ? Ou bien est-ce que tu l'as oubliée aussi facilement que tu Nous a oubliées ? Si c'est le cas, je voudrais que tu m'expliques ... Moi aussi je veux oublier.

Le jeune chanteur resta sans bouger, ne sachant pas vraiment quoi dire. Se demandant comment ils avaient pu en arriver la. Mais il n'y avait pas de réponse qui lui semblait assez juste. Il s'approcha assez d'Elsa pour qu'elle puisse entendre un « Excuse-moi » murmuré comme avant, quand il savait qu'il avait fait une énorme bêtise. Elsa ne pu tenir plus longtemps et se mit à pleurer dans ses bras. Zora soupira et commença à avancer, sans qu'ils ne la remarquent. Les larmes ne coulaient pas, bien trop fière, bien trop en rogne. La petite voix de sa meilleure amie la rappela et elle se retourna quand même.

_Ou tu vas ?
_Je rentre chez moi !
_Mais...
_Arrête. Si tu es prête à souffrir encore, tant mieux, moi j`arrête les frais maintenant. J`oublie.


Zora avait mordu dans sa lèvre en disant cette dernière phrase. Tellement fort que son piercing saignait. Elle se retourna pour continuer son chemin mais une main se referma sur son avant bras.

_Ne me touche pas, toi !

Elle n'avait même pas eu besoin de relever les yeux pour savoir que c'était Bill qui l'avait retenu par le bras. Et malgré que son regard à lui se voulait doux, elle ne se laissa pas impressionner, ni même toucher. C'était trop facile. Et elle avait un bien trop mauvais caractère.

_Reste, s'il te plait...
_Pourquoi ? Pour que ca aille deux jours puis qu'après ca recommence ?


Elle avait rigolé sèchement. Mais Bill insista quand même, la tirant.

_Mais putain lâche moi ! Je ne veux pas venir. Je ne veux plus vous voir. Et encore moins vous fréquenter.
_Très bien, et pourquoi tu étais la ce soir ?
_Pour Elsa !
_Menteuse ! Je te connais, avec ton caractère tu ne serais jamais venue si tu n'en avais pas envie.


Zora resta bouche bée. Elle n'aimait pas ca, qu'on lui dise ce qu'elle aurait fait ou pensé, surtout quand c'était vrai et qu'elle ne voulait pas se l'avouer.

_Depuis quand tu sais c'que j'veux ?
# Posté le mercredi 12 décembre 2007 11:05
Modifié le dimanche 24 février 2008 11:54

Elle ou EuxL'éternité ou l'éphémère.

Elle ou EuxL'éternité ou l'éphémère.
Elsa se prit comme une claque invisible. Voilà, quand on la perçait à jour alors qu'elle ne le désirait pas, Zora devenait froide, même méchante. Pourquoi fallait-il que ça se passe comme ça ? Pourquoi fallait-il qu'il y ait toujours un des deux côtés qui ne soit pas d'accord ? Pourquoi était-ce toujours si compliqué ? Au fond, ça en revenait à se demander pourquoi la vie n'était pas un paradis. Elsa, qui avait su rattraper la main que Bill lui avait tendue, ne voulait plus la lâcher. C'était ce qu'elle voulait, ce qu'elle attendait, elle avait retrouvé son Bill. Il ne lui manquait plus que les trois autres.
Mais le regard que Zora lui lança fut comme un ultimatum : c'était Elle ou Eux. Elle qui avait toujours été là, surtout dans les moments difficiles, ou Eux qui avaient tourné le dos dès que la distance se dressait. Et évidemment, la question ne se posait même pas. Elsa ne pouvait pas abandonner celle qui l'avait toujours soutenue. Elle ne le voulait pas.
Mais elle ne voulait pas perdre à nouveau ce qu'elle avait cru retrouver et qui lui avait manqué pendant tellement de temps. Une éternité. Sans eux. Sans rien. Elle eut un mouvement d'hésitation, lorsque Zora se retourna et repris sa marche, s'éloignant petit à petit. Elle regarda Bill, puis le dos de Zora qui se faisait de plus en plus lointain. Et à nouveau Bill, dont la main serrait toujours la sienne, comme un étau. Elle devait choisir. Choisir entre l'éternité qu'elle avait passée avec Zora à les attendre, ou l'éphémère avant qu'ils ne leur tournent à nouveau le dos pour ne plus voir que leur public. L'éternité ou l'éphémère.

_Bill ... Je n'peux pas me permettre ...

Elle aurait voulu ajouter «... de la perdre comme je t'ai déjà perdu une fois » mais le chanteur ne lui en laissa pas le temps. Il mit un doigt sur sa bouche pour la faire taire.

_T'as pas changé de numéro ?
_Qu ... Quoi ?
_Ton numéro de portable, c'est toujours le même ?
_Oui mais pourqu...
_Alors cours ! Rattrape-la !


Ca, c'était Bill. Le vrai Bill. Celui qu'elle connaissait si bien lorsqu'ils étaient jeunes. Lorsque Tokio Hotel s'appelait Devilish. Lorsque la vie de star n'était qu'un rêve très lointain. Lorsque leurs vies à tous les six se rejoignaient en un même point. Elsa lui sourit, les larmes aux yeux, son bonheur se reflétant dans le regard sincère du jeune homme. Elle le serra une dernière fois avant de courir sans se retourner, rattrapant Zora après cinq bonnes minutes. Elle lui prit la main puis lui murmura sa certitude.

_On va les retrouver. Pour de bon.

Zora fit comme si elle n'avait pas entendu, se contentant de serrer plus fort la main de son amie, comme si elle avait peur qu'elle s'en aille, qu'elle change d'avis. Le choix qu'elle lui avait infligé n'était pas juste. Elle avait le droit après tout de les aimer encore et toujours. Mais Zora ne supporterait pas de la voir souffrir encore et toujours dès qu'ils partiraient, dès qu'ils l'oublieraient, comme ils l'avaient déjà fait. Par chance, les filles eurent le dernier train qui partait en direction d'où elles habitaient et Zora força quelque peu son amie à dormir chez elle. Elle savait que ce n'était pas normal qu'elle soit partie aussi vite, laissant Bill tout seul. Ce n'est pas qu'elle doutait de son amitié envers elle, mais elle voulait tellement le retrouver que ce n'était pas possible qu'une fois fait, elle soit partie si vite. Et elle pensait sêrement que si elle était dans les parages, elle ne tenterait rien. C'était injuste et égoïste. Mais elle aussi les aimait. Et il y avait lui aussi, elle l'aimait autant qu'Elsa pouvait aimer Bill. Seulement plus rien n'était simple. Il était Tokio Hotel et Georg, Gustav, Tom & Bill sonnait faux.

_Zora ! Tu m'écoutes ?

Celle-ci sursauta en entendant la voix de son amie l'appeler. Elsa quant à elle soupira.

_Désolé, j'étais dans mes pensées...
_Je disais donc... On devrait aller se coucher.


Zora acquiesça d'un geste de la tête et toutes les deux se faufilèrent dans les couettes bien chaudes, se laissant bien vite emporter dans les bras de Morphée. Le lendemain matin, Zora fut réveillée par des échos de voix. Elsa était déjà levée, mais elle ne se souvenait pas qu'elle avait un coté schizophrène, ni que ses parents seraient la... Elle se leva tout doucement, à moitié débraillée, les cheveux ébouriffés, et la jolie tête du matin. Descendant calmement les escaliers et sautant la dernière marche, elle faillit s'écraser comme une grosse merde en plein milieu du salon où cinq paires d'yeux se posèrent sur elles. Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Clignant des yeux. Avec une furieuse envie d'hurler, mais elle ne fit rien. Elle voulait se réveiller en douceur, et se dirigea donc vers la cuisine comme si de rien n'était, s'asseyant sur un tabouret pour manger une tartine de Nutella. Elle avait besoin d'énergie. Après ca, elle remonta calmement se doucher, se changer, se maquiller, puis redescendit. Elle s'assit dans un fauteuil en face de ses hôtes.

_Est ce que quelqu'un pourrait me dire ce qu'ils foutent chez moi ?

Son regard s'était tout naturellement tourné vers sa meilleure amie, qui ne répondit pas. Ce qui avait la fâcheuse habitude de l'énerver. Mais elle resta calme, une fois de plus.

_Très bien, je vais sortir en ville. Je vous laisse la maison, pour de *Elle appuya bien sur le mot* JOYEUSES retrouvailles. Mais quand je rentre ce soir, j'aimerais ne retrouver personne dans ma maison. Parce que maintenant je suis gentille, mais tantôt je pourrais revenir un peu énervée.

Elle se leva, croisant son regard. Elle se mordit automatiquement la lèvre. Elle n'avait jamais pu y résister, mais cette fois-ci, elle avait décidé d'être plus forte.
# Posté le samedi 23 février 2008 12:08
Modifié le dimanche 24 février 2008 12:00